KECAK - Indonésie, Bali

Durée : 3min 8sec | Chaîne : Chant
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Il faut différencier le kecak dit touristique, sans objet spirituel (nos images), avec le cak ancien, socialement fonctionnel. Les percussions vocales onomatopéiques et polyrythmiques du cak (prononcer tjak) balinais imitent les voix des buta-kala, (buta = matière, kala = temps). Les buta-kala représentent des grouillements de matières vivantes, invisibles, non-maîtrisables et considérées comme le niveau inférieur du monde. On peut toutefois les maîtriser grâce à la forme rituelle sanghyang du cak en l’organisant dans une polyrythmie et un travail du souffle considéré à la fois comme une discipline et un exutoire énergétique de la partie inférieure de la ceinture des hommes. En effet, les buta-kala ne sont pas uniquement en bas du monde, mais également en bas du corps. Un humain est un petit monde.
Le monde est constitué de trois parties :
·        Swah, le monde originel et supérieur, celui de l’esprit et de la conscience.
·        Buah, le monde intermédiaire, celui des formes, où vivent les hommes.
·        Bhur, le monde inférieur, celui de l’informe, des grouillements, des buta-kala.
Il s’agit de la même énergie sous trois formes, mais difractée. Le rôle des rituels est donc de ramener l’unité dans cette diversité qui part vers le chaos. Le cak, constitué d’un cercle autour d’une lampe, est un modèle de cette diversité rassemblée dans l’unité. C’est également la devise de l’Indonésie : bhineka tunggal ika, l’union de la diversité.
© Catherine Basset 2012