XYLOPHONE YOLON - Lobi - Burkina Faso

Durée : 4min 4sec | Chaîne : Instrument
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Le xylophone yolon se compose de lames de bois montées sur un cadre formé de six montants auxquels sont attachées huit barres horizontales formant deux trapèzes superposés, l’ensemble étant lié par des bandelettes de cuir. Des calebasses dont la partie supérieure a été ouverte, sont suspendues sous les lames et ont pour rôle d’amplifier le son produit par chacune d’elle. La taille de chacun de ces résonateurs est adaptée à la hauteur de chaque note. Les calebasses sont percées de plusieurs ouvertures circulaires sur lesquelles sont tendues de très fines toiles, formant à l’origine le cocon protecteur des œufs d’une araignée, ajoutant à la sonorité claire du bois une stridence recherchée par les musiciens.
Pour permettre le logement de l’ensemble des calebasses à l’intérieur du cadre de suspension, elles sont organisées en zigzag sur deux rangées, leur suspension étant assurée par des bandelettes de cuir.
Les lames sont elles-mêmes suspendues au-dessus des résonateurs par deux lignes de bandelettes de cuir torsadées passant par deux nœuds de vibration (loi physique des 2/9 aux extrémités et 5/9 au centre). Chaque lame a une longueur, une largeur et une épaisseur propre. L’accordage final s’effectue par affinement des deux extrémités ou de la partie centrale. Les lames sont frappées par deux maillets terminés chacun par une boule formée d’une superposition de bandes de caoutchouc.
Chez les Lobi, les danses organisées à l’occasion d’initiations, de fêtes familiales (buúr) et pendant les périodes de repos, sont toujours accompagnées par deux xylophones (buo yolon) (un instrument soliste et un d’accompagnement) et deux timbales en calebasse gboro. Le xylophone soliste est joué avec deux maillets, celui d’accompagnement avec un maillet tenu à main droite et une baguette de bois tenue à main gauche frappant rythmiquement la lame la plus grave de l’instrument.
On remarquera l’extraordinaire résistance physique des musiciens qui répètent pendant plusieurs dizaines de minutes d’énergiques et fatigants frappements sans faiblir ni modifier le tempo.
Une réalisation de Patrick Kersalé / © Patrick Kersalé 2012